Biographie

pollet Soprano lyrico spinto, elle étudie tout d’abord le violon au Conservatoire National de Région de Versailles (France) et obtient par la suite un Premier prix de Chant à l’unanimité (1972) au sein du même établissement. Elle quitte alors la France pour l’Allemagne, où elle entreprend de nouvelles études de chant auprès de Ernst HAEFLIGER, Erik WERBA, Hermann REUTTER à la Musikhochschule de Münich (Bavière), couronnées par l’obtention d’un examen d’état mention bien (Künstlerisches Staatsexam für Sologesang – 1972-1976).

Désirant parfaire ses connaissances dans le domaine lyrique et poursuivre sa formation, elle intègre tout d’abord le chœur de la Radio Bavaroise (Bayerischer Rundfunk) rattaché aux deux orchestres de cette maison, sous la conduite artistique de Rafaël Kubelik (1976-1983).

Lauréate du Concours International de Chant de Genève (1981), elle débute sa carrière en 1983-84 au sein de la troupe de l’Opéra de Lübeck dans le rôle de la Maréchale (Rosenkavalier / R. STRAUSS).

Pendant les trois années qu’elle passe au Stadtstheater, elle chante die Mutter (Hänsel und Gretel), la Princesse étrangère (Russalka), Giulietta (les Contes d’Hoffmann), Santuzza (Cavalleria Rusticana), Elisabeth (Tannhäuser), Fiordiligi (Cosi fan tutte), Amelia (Ballo in maschera), la Femme (la Voix humaine), la Femme (la Dame de Monte-Carlo), Arabella (Arabella), Donna Anna (Don Giovanni), Ariadne (Ariadne auf Naxos).

Quittant l’Allemagne, elle revient en France, appelée par Jean-Marie POILVE, agent artistique, et travaille désormais « free-lance », dégagée des contraintes de troupe. Son premier contrat la mène à Marseille pour « der Freischütz », Alain Duault écrit une critique très élogieuse dans l’Évènement du Jeudi, saluant l’apparition d’une grande voix française. Suivront Nantes, Orléans, Metz, Montpellier et l’Opéra-Comique, ainsi que plusieurs concerts pour Radio-France pour cette 1re saison de retour en France. Elle est l’invitée classique du MIDEM à Cannes comme « découverte Talent Lyrique » (1987), et lors de cette occasion, Eve Ruggieri l’invite à participer à « Musiques au cœur » , première émission d’une collaboration poursuivie sur de nombreuses saisons, particulièrement un portrait de 60 minutes en 1990. Elle participera aussi à de très nombreuses émissions télévisées pour Philippe Meyer, Jacques Martin ou la chaîne musicale Mezzo.

pollet rireSon répertoire s’élargit : Agathe (der Freischütz), Rezia (Obéron), Vitellia (la Clémence de Titus), Elettra (Idomeneo), Léonore (le Trouvère), Mimi (la Bohême), Sieglinde (die Walkyre), la Comtesse (les Noces de Figaro), la Cantatrice (Reigen), Medea (Freispruch für Medea), la Comtesse (Cappriccio), la 2ème Prieure (les Dialogues des Carmélites), Fidelia (Edgar), Catherine d’Aragon (Henri VIII), Valentine de St-Bris (les Huguenots), Marguerite (la Damnation de Faust), Cassandre et Didon (les Troyens), Grete (der Ferne Klang), Anita (Jonny spielt auf), Ariane (Ariane et Barbe-Bleue), Alceste (Alceste), Bérénice (Bérénice), Brunehild (Sigurd), Mathilde (Guillaume Tell), Elisabetta (Don Carlos), Amelia (Simone Boccanegra), Alice Ford (Falstaff).

La Première Victoire de la Musique Classique qu’elle se voit remettre, en février 1994 en tant qu’Artiste Lyrique de l’année, consacre une étonnante carrière débutée à peine dix ans plus tôt, tant sur les scènes lyriques, qu’en concert avec orchestre, ou concerts de musique de chambre et récitals. Elle reçoit ensuite en 1996 une Victoire pour sa participation à la production du Dialogue des Carmélites de Francis Poulenc, dirigée par Michel Plasson et mise en scène de Nicolas Joël au Théâtre du Capitole (Halle aux grains) à Toulouse.

Les plus grands chefs tels Pierre Boulez, Sylvain Cambreling, Jean-Claude Casadesus, Michel Plasson, Georges Prêtre, Semyon Bychkov, Ricardo Chailly, Charles Dutoit, Carlo Maria Giulini, Marek Janowski, Pinchas Steinberg, Seiji Osawa, Yutaka Sado et bien d’autres encore, lui ont vite permis d’affirmer sa carrière aux quatre coins du monde.

Invitée d’opéras aussi prestigieux que le Teatro Colon de Buenos Aires, la Fenice de Venise, le Met de New York ou l’Opéra Bastille, ainsi que d’orchestres non moins illustres comme l’Orchestre de Paris et de tous les grands orchestres nationaux français, le London Symphony Orchestra, le Konzertgebow Orchestra, l’Académie Sainte-Cécile de Rome, l’Orchestre Philharmonique d’Israël, l’Orchestre Royal de Copenhagen, le New York Philharmonic et, plus récemment, du Chicago Symphony Orchestra fêter Pierre Boulez et son 80ème anniversaire en compagnie de celui-ci.

Françoise Pollet étonne par son immense musicalité et l’éclectisme de son répertoire, Strauss, Verdi, Wagner, Berlioz, Dukas… y côtoyant les plus grands compositeurs contemporains, tels Boulez, Liebermann, Messiaen, Boesmans, Florentz, Durieux

Personnalité hors du commun, elle crée le rôle de la Cantatrice dans l’opéra « Reigen » de Philippe Boesmans à la Monnaie de Bruxelles (1993) et, à l’Opéra de Hambourg, elle crée le rôle-titre du dernier opéra de Rolf Liebermann «  Freispruch für Medea » (1995).

Ses années d’apprentissage en tant qu’instrumentiste, ses années passées en Allemagne l’ont formée comme récitaliste ; elle a toujours privilégié cet aspect de sa carrière et s’est produite avec de nombreux musiciens tels Jean-Marc Luisada, Pierre-Laurent Aymard, Brigitte Engerer, Philippe Cassard, Jean-François Heisser, Dalton Baldwin, Roger Vignolles, Augustin Dumay, Bruno Fontaine, Claude Lavoix, Laurent Korcia, le Quatuor Parisii, Philippe Bernold, Alexandre Lagoya, le trio Wanderer, le Nash Ensemble de Londres, l’ensemble ECM2, Cord Garben… mais aussi Sacha Distel, William Sheller, Gilbert Montagné, Juan José Mosalini, Sortie d’Artistes, Fabienne Thibault, Jean Claude Vannier.

Plébiscitée par le public, elle est choisie par l’organisation des Journées Mondiales de la Jeunesse pour accueillir le Pape Jean-Paul II à son arrivée à Paris, au Champ-de-Mars (1997) ainsi que par la Mairie de Paris pour honorer la mémoire de Maria Callas à l’occasion du 20ème anniversaire de sa mort (1997).

Son importante discographie confirme l’étendue de son répertoire. Entre autres : les Troyens (récompensé par un Grammy Award), la Damnation de Faust d’Hector Berlioz, le Gloria et le Stabat Mater de Poulenc, sous la direction de Charles Dutot (Decca), les Poèmes pour Mi d’Olivier Messiaen, l’intégrale des œuvres de Werbern, sous la direction de Pierre Boulez (DGG), les quatre derniers Lieder de Richard Strauss, les sept Lieder de Jeunesse d’Alban Berg et les Wesendonck Lieder de Richard Wagner sous la baguette de Klaus Weise (Musidisc), un récital d’Airs Sacrés Français avec Jacques Mercier (RCA), un récital d’airs d’opéras français avec Cyril Dietrich, (Erato).

Françoise Pollet enseigne au CNSMDL (Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon) depuis 2002-03. Elle donne de nombreuses Masterclasses : à l’Opéra-Studio de Strasbourg « les Jeunes Voix du Rhin », à l’Académie Maurice Ravel (St Jean de Luz), à l’Académie Internationale d’Eté de Nice, à la Musikakademie d’Amsterdam, à la Musikhochschule de Freiburg, à la Franz-Liszt-Hochschule de Weimar, au Centre de la Voix de la région Rhône-Alpes, au Conservatoire Royal de Bruxelles, à l’Université McGuill de Montréal, et à l’Académie Internationale de Musique Lyrique Française de Michel Plasson. 

Françoise Pollet est Chevalier de l’Ordre National du Mérite ainsi que des Arts et Lettres.